La martialité de votre style vestimentaire [1/2]


Comme je l’ai déjà expliqué dans cet article, j’ai suivi mon premier cours d’aïkido chez Lejeune sensei. 

J’y suis allé avec une image très “pailletée” de l’aïkido. J’avais comme fantasme un art où les pratiquants touchaient à peine pour repousser l’assaillant. 

L’art de défense ultime, où on n’aurait pas à faire mal à l’autre - un art de paix ?

Cependant, si vous vous en rappelez, la première chose que m’a enseigné Lejeune sensei, c’était... d'attaquer.

Étrange comme interprétation de la paix non ? 

Pourtant quand on y réfléchit d’un peu plus près, c’est le juste retour du bon sens.

L’aïkido est issu des techniques guerrières de samourais qui allaient sur le champ de bataille. Vous pensez vraiment qu’ils s’amusaient à jouer à la touchette ? 

Dans un environnement aussi hostile qu’un champ de bataille, le but est de survivre. C’est TOUT.

Donc l’efficacité est la qualité indispensable à développer. 

Or on développe de l’efficacité au travers d’un système de combat quand on recherche…

La martialité

Une des choses qui m’a le plus plu dans le style de l’école Kishinkai, c’est cette attention particulière qu’elle met sur la martialité. 

C’est-à-dire avoir comme axe de travail, un désir de réalisme et une recherche d’efficacité en situation de combat réel.

Même si la martialité n’est pas sa fin en soi, elle reste un passage obligatoire dans la pratique.

Cela peut paraître évident, lorsque l'on pratique un art martial ou un sport de combat, on se dit qu’en pratiquant, naturellement, on recherche l’efficacité.

Hé bien… Pas forcément.

C’est aussi “bête” que ça, mais pour développer de la martialité, il faut y mettre l’attention nécessaire.

Il s’agit d’y accorder de l’importance lors de la pratique. 

Cela change d’ailleurs complètement la physionomie de votre pratique : vous privilégierez une attaque plutôt qu’une autre par exemple, ou une position par rapport à une autre.

En somme, il faut que l’action que vous êtes en train d'exécuter… fonctionne (pour être efficace).

D’ailleurs, vous savez quoi ? 

C’est exactement la même chose pour...

Le style vestimentaire

Là vous devez être en train de vous dire :

“Thibaut est vraiment cinglé”

Et je vais vous répondre très honnêtement : 

“Oui”

Bon, alors, c’est quoi le rapport ?

Hé bien, quand on s’intéresse au vêtement, on cherche et on développe petit à petit un style.

En réalité, c’est LA grande question. 

Celle que je me pose depuis que je m’intéresse au vêtement : comment faire pour développer un style vestimentaire (vraiment) efficace ?

Faire plus pour avoir moins

A mes tout débuts, j’étais comme un petit chiot fou. Je sautais sur toutes les pièces qu’il me “manquait”.

En somme, à vouloir toujours acheter, je me retrouvais à acheter tout et n’importe quoi et comme j’avais une garde-robe qui ressemblait à un dépotoir fourre-tout - mon style vestimentaire reflétait ce bordel sans nom.

Au cas où vous n'auriez pas compris, mon style ne ressemblait à rien.

Paradoxal pour un passionné du vêtement non ? 

Je me posais quand même la question de l’efficacité de mon style. Mais... J’y répondais mal. 

J’ai ainsi essayé de multiplier les accessoires (pince à cravate, boutons de manchette, bracelets, collier, pochette…) au point où je faisais autant de bruit en marchant qu'un rappeur portant des bijoux en toc.

Je ne dis pas que les accessoires sont inutiles - au contraire, j’adore ça.

Ce que je veux dire, c’est que je cherchais à rajouter des couches de vernis sur un plancher de bois déjà moisi.

Ce biais psychologique de vouloir multiplier les éléments pour augmenter l’efficacité, je l’ai eu aussi quand j’ai voulu étendre la gamme de couleurs que j’utilisais dans mon style. 

Je trouvais les couleurs basiques comme le bleu et le gris, ennuyantes. Alors je me suis alors mis à utiliser de plus en plus de couleurs (et donc acheter encore plus) - je pense que j'ai fait toutes les couleurs de l'arc en ciel (au moins).

Toutes ces gesticulations que j’avais, sont naturelles - tout le monde peut tomber dans ce travers.

J’avais juste mal interprété le problème et j’ai donc construit une réponse inadaptée. 

Effort minimal, efficacité maximale

Le vrai blocage ne venait pas du manque de pièces, il venait du manque de synergie entre les pièces.

C’est le manque de synergie entre les pièces qui faisait en sorte que la garde-robe était riche en nombre de pièces.

Mais pauvre en optimisation de port.

Quand j’en ai pris conscience, cela a drastiquement changé ma manière d’acheter et de m’habiller.

Ma garde-robe s’est amincie, et j’ai commencé à mieux assembler/porter les pièces ensemble.

Pour en revenir à la martialité, une technique devient un canon à répéter car elle exprime l’effort minimal pour une efficacité maximale

Il n’y a donc pas forcément besoin de rajouter des éléments.

Ce qui compte, c’est comment les éléments - aussi restreints en nombre soient-ils - peuvent créer de la synergie les uns avec les autres.

Et de cette accumulation de potentiel découle... l' efficacité.

Ainsi, la martialité d'un style vestimentaire (son efficacité) dépendra grandement de la cohérence de construction de votre garde-robe.

Cependant, la synergie entre les pièces est une chose importante, mais ce n'est pas suffisant.

Mais alors que faut-il d'autre ? 

C'est ce que nous verrons dans la deuxième partie.

Chemise à rayures peu communes


2 commentaires


  • Thibaut

    Bonjour Lionel,

    Un grand merci pour ta lecture.

    J’essaye autant que possible d’être transparent. Le fait que certains cachent leurs erreurs, leurs bêtises, me dérangent.

    Je trouve que mes bêtises ont été les meilleures leçons de ma vie et m’ont permis de progresser.

    A bientôt,

    Thibaut


  • Lionel Caillet

    Et qui semble pouvoir s’appliquer à tellement d’autres domaine de la vie.
    Merci Thibault pour cette leçon, joyeuse, stylée, riche d’autodérision et d’humilité.
    Tres inspirant.


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